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La tortue d'Hermann

Accouplement de tortues d'Hermann © JM Mille - Parc national de Port-Cros
Accouplement de tortues d'Hermann © JM Mille - Parc national de Port-Cros

Nom scientifique : Testudo hermanni hermanni

Statut de protection : espèce protégée en France

Statut de menace : espèce vulnérable (Liste rouge des reptiles de France métropolitaine, évaluation 2015), population varoise en danger de disparition (Liste rouge des reptiles de France métropolitaine, évaluation 2015)

Description : La Tortue d’Hermann est la seule tortue terrestre de France métropolitaine. De taille moyenne (20 à 25 centimètres de longueur maximale de carapace pour les femelles ), elle est caractérisée par une carapace ovalaire assez fortement bombée, de couleur jaune-verdâtre à jaune-orangé, ornée de motifs noirs aux contours assez réguliers.

Longévité : au moins 40 ans à l'état sauvage

Reproduction : La maturité sexuelle est tardive. Dans le Var, elle se situe en moyenne vers 11 ans chez le mâle comme chez la femelle. Mâles et femelles vivent en solitaires et ne se rencontrent que pour l'accouplement. La parade nuptiale comprend des morsures et des chocs de carapace. L’incubation dure en moyenne une centaine de jours. Les naissances surviennent lors des premières pluies de fin d’été, généralement durant la première quinzaine de septembre.

Habitat : Les populations actuelles se limitent à deux noyaux de population, un noyau corse assez étendu et un noyau provençal plus réduit. La population catalane est éteinte depuis plusieurs décennies.

La Tortue d’Hermann occupe la plupart des formations végétales méditerranéennes, depuis le bord de mer jusqu’à 600-700 mètres d’altitude dans le meilleur des cas. Sa distribution actuelle coïncide avec celle du chêne-liège, Quercus suber, ce qui traduit la présence de terrains cristallins (granit, schiste, grés, rhyolite) et des conditions climatiques très clémentes – plus de 2500 heures de soleil annuel, températures moyennes supérieures à 20°C en juillet et supérieures à 6°C en janvier, pluviosité comprise entre 600 et 800 mm/an

La Tortue d’Hermann est herbivore mais ne dédaigne pas, à l’occasion, certains invertébrés tels qu’escargots, cloportes, coléoptères, vers de terre. Elle consomme aussi de petits cailloux ainsi que des cadavres (petits rongeurs par exemple) et des excréments de mammifères.

Présence dans les parcs nationaux :  Port-Cros

La Tortue d’Hermann est actuellement l’un des reptiles les plus menacés à l’échelle européenne et mondiale. Son déclin s’est amorcé très tôt en Europe occidentale (Italie, France, Espagne) où son maintien devient de plus en plus précaire. Les mesures mises en œuvre pour préserver l’espèce depuis une vingtaine d’années n’ont pas permis d’enrayer le processus de déclin qui est dû à des causes multiples : urbanisation et aménagement du littoral méditerranéen, incendies de forêts, collecte illicite de spécimens, abandon des pratiques agro-pastorales traditionnelles. Si des mesures efficaces ne sont pas mises en œuvre dans les meilleurs délais, on peut craindre la disparition de la dernière population continentale et le déclin rapide des populations de la Corse.

Un plan national d'actions a été mené de 2009 à 2014.