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Le lamantin des Antilles

Lamantin © DR Parc national de la Guadeloupe
Lamantin © DR Parc national de la Guadeloupe

Nom scientifique : Trichechus manatus manatus

Statut de protection : espèce protégée en France

Statut de menace : disparue dans les Antilles françaises, en cours de réintroduction en Guadeloupe

La sous-espèce antillaise est évaluée comme étant en danger à l'échelle mondiale (Liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation 2008).

Description : Le lamantin des Caraïbes est caractérisé par un corps robuste de forme fuselée, s'effilant vers la racine de la nageoire caudale. La taille moyenne est de 3 m (5 au maximum) pour un poids de 400 à 900 kg mais les femelles peuvent atteindre un poids supérieur (plus de 1 000 kg). L'épaisse couche de graisse de son corps lui donne un aspect dodu.

De couleur brunâtre à gris noir, la peau est souvent recouverte d'algues ou de bernacles chez l'adulte et parsemée de duvet chez le veau (le bébé lamantin) uniquement. Il n'est pas rare de voir sur le dos des animaux des cicatrices claires, résultant des contacts, hélas courants, des lamantins avec les hélices des bateaux qui fréquentent les mêmes voies.

Longévité : 40 à 50 ans

Reproduction : La période de reproduction des lamantins n'est pas proprement déterminée par une saison propice puisqu'elle peut se produire toute l'année, mais il a été constaté des périodes plus actives entre mars et août, en corrélation avec la saison des pluies. Une femelle donne naissance à un petit après une période de gestation de 12 mois environ et l’allaite entre un et deux ans. Elle peut en avoir tous les trois ans.

Habitat : La répartition du lamantin des Antilles s'étend de la région nord-est du Brésil au sud-est des Etat-Unis en passant par les îles des Caraïbes et le nord du Mexique.
Trichechus manatus privilégie les eaux marines littorales, les eaux saumâtres et parfois douces des régions tropicales et subtropicales où il vit, la plupart du temps dans des profondeurs ne dépassant pas les 10 mètres. Le lamantin semble avoir besoin d'un accès aux eaux douces, ce qui lui fait élire domicile dans des lieux réunissant outre cette condition, la proximité de chenaux profonds pour se déplacer mais aussi des criques calmes pour s'abriter. La température de l'eau participe aux déplacements visant à accéder à des eaux plus chaudes pendant les périodes hivernales. Etant donné ses lieux de vies côtiers, il se trouve inévitablement au contact de l'homme de temps à autres.

Le régime végétarien du lamantin, herbivore sous-marin, se compose essentiellement de jacinthes d'eau ainsi que de plantes à fleurs marines. Selon les zones où il se trouve, il peut néanmoins s'accommoder d'algues, de feuilles de palétuviers, de végétation flottante du littoral, de rhizomes.  Il consomme occasionnellement des invertébrés et des poissons.

Présence dans les parcs nationaux :  Aucun, en cours de réintroduction dans le Parc national de la Guadeloupe

Classé "En danger d'extinction" sur la liste rouge de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), le lamantin des Antilles ne serait plus représenté que par 5 000 individus. En Guadeloupe, ses effectifs ont dramatiquement diminué à partir du XVIIIème siècle, pour l'amener à disparaître au début du XXème siècle, du fait d'une chasse intensive.

À l'heure actuelle, l'espèce n'est plus présente dans les Petites Antilles, créant un vide entre les populations des Grandes Antilles au nord et celles de Trinidad et Tobago et du plateau des Guyanes au sud. Les populations de lamantins sont souvent distribuées de façon discontinue, les petits groupes n'échangeant que peu, voire pas du tout, entre eux. En outre, ces populations sont menacées par le braconnage, les pollutions, les captures accidentelles par les filets de pêche, les collisions avec les bateaux... Aussi, dans la majeure partie de cette aire de répartition, une disparition totale de l'espèce reste probable à moyen terme.