Parti bien avant le jour, à la frontale, j'ai rejoint en 2h00 de marche mon poste d'observation. De ce petit bouquet de pins à crochets, la vue est excellente sur les limites du parc national que les chasseurs d'isards ne doivent pas franchir. Mais Dieu que ces journées sont longues… Sous les pins centenaires des vieilles crottes de grand tétras attestent que l'oiseau se sert de ce lieu comme site d'hivernage. Il peut passer des semaines sur ces quelques arbres, vivant aux dépens de leurs aiguilles pourtant peu nourrissantes. Le brouillard est installé, la visibilité est nulle, la journée s'annonce déprimante. Des bruits dans les branches de pin, un mouvement furtif, et je ne suis plus seul : un écureuil vient me tenir compagnie. Un bel écureuil au pelage roux recherche des cônes de pin, à 2000 mètres d'altitude.
Laurent NEDELEC / Parc national des Pyrénées